
À la maison
Adapter le domicile aux particularités de fonctionnement de la personne autiste permet de répondre à ses besoins sensoriels, cognitifs et émotionnels.
- Les personnes autistes perçoivent et traitent différemment les informations de leur environnement.
- Adapter l’environnement à la maison permet de répondre à leurs besoins sensoriels et cognitifs.
Les aménagements de l’espace permettent notamment de :
- Réduire l’inconfort sensoriel,
- Renforcer l’autonomie,
- Créer un cadre sécurisant et prévisible,
- Prévenir les comportements défis.
Chaque personne étant unique, les adaptations doivent être personnalisées, en fonction d’une évaluation des besoins, et évolutives, en fonction des progrès et/ou nouvelles difficultés rencontrées. Les adaptations mises en place nécessitent un apprentissage progressif. Il faut savoir patienter avant d’en voir les bénéfices et, surtout, persévérer pour en tirer le plus de bénéfices !
Prendre en compte les particularités sensorielles
Les personnes autistes peuvent présenter des particularités sensorielles qui concernent :
- Les cinq sens : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher.
- Le système vestibulaire : l’équilibre et le mouvement.
- Le système proprioceptif : la perception du corps dans l’espace.
On parle de :
- Hypersensibilité : quand les sensations sont perçues trop intensément. Elles peuvent alors être sources d’inconfort et/ou perturber le fonctionnement de la personne. Souvent, cela peut amener la personne autiste à éviter ces sensations.
- Hyposensibilité : quand les sensations sont perçues plus faiblement que la normale. Cela peut empêcher de percevoir des informations essentielles et/ou perturber le fonctionnement de la personne. Souvent, cela peut amener la personne autiste à s’auto-stimuler afin de ressentir davantage ces sensations.
L’hypo et d’hypersensibilité peuvent coexister chez une même personne, en fonction des sens, et pour un même sens. Enfin, ces particularités de réactivité varient selon l’état interne, le niveau de fatigue ou bien encore le contexte.
Exemples d’adaptations sensorielles
| Hypersensibilité | Hyposensibilité | |
|---|---|---|
| 👂 Ouïe | – Limiter les bruits de fond – Favoriser les espaces calmes – Proposer des casques antibruit ou des bouchons d’oreilles | – Proposer des jeux sonores – Faire du chant – Proposer des activités rythmiques ou vibratoires |
| 👀 Vue | – Préférer des couleurs neutres – Proposer des éclairages tamisés et/ou indirects – Eviter les motifs trop chargés – Proposer des lunettes de soleil | – Proposer des objets visuellement stimulants (kaléidoscopes, puzzles colorés, fidgets lumineux…) – Favoriser les espaces lumineux |
| 👅 Goût | – Proposer des aliments au goût neutre – Limiter les mélanges – Introduire progressivement les aliments | – Permettre de l’ajout de condiments pour réhausser le gout (sel, moutarde, etc.) – Stimuler la sensibilité en dehors des repas |
| 👃 Odorat | – Privilégier les odeurs naturelles – Aérer les espaces régulièrement – Limiter le parfum – Proposer le port d’un masque | – Stimuler la perception avec des lotos des odeurs – Laisser un tissu parfumé à disposition |
| ✋ Toucher | – Prévenir avant tout contact physique – Toucher la personne que si cela est nécessaire – Proposer des vêtements doux, sans boutons ni étiquette – Etre attentif aux produits d’hygiène utilisés (gel douche, lessive, etc.) | – Proposer un toucher progressif de différentes matières – Stimuler la perception par des massages – Proposer du matériel tactile (balles à picots, dalles texturées, etc.) |
| 🧠 Proprioception | – Limiter les pressions corporelles soudaines ou intenses – Proposer des mouvements lents et accompagnés | – Proposer les activités de résistance (porter, pousser, tirer) – Proposer des jeux stimulants (pâte à modeler, sacs de sable, etc.) – Introduire du matériel lesté |
| 🏃 Vestibulaire | – Limiter les mouvements rapides ou les balancements – Proposer des assises contenantes et stables (chaise avec accoudoir, etc.) | – Proposer des activités motrices dynamiques (balançoire, trampoline, parcours moteur) – Proposer des assises mobiles |

Ces adaptations ne fonctionnement pas pour toutes les personnes autistes. Elles doivent être proposées en fonction du profil sensoriel de la personne, de ses appétences et de son niveau de fonctionnement.
Structurer l’espace et le temps
Les personnes autistes ont souvent besoin d’un environnement explicite et prévisible. Les imprévus, les consignes trop générales ou les environnements désorganisés et non stables peuvent les mettre en difficulté. Structurer les espaces et l’organisation des activités permet d’améliorer la compréhension du quotidien, de réduire le stress et d’augmenter l’autonomie.
Aménager l’espace
- Attribuer une fonction claire à chaque espace (ex. : coin repas, coin jeux, coin travail, etc.).
- Si un espace a plusieurs fonctions (ex. : table pour manger et dessiner), utiliser un code visuel différent (ex. : nappe, pictogramme, etc.).
- Utiliser des repères visuels pour les rangements et sur les portes (ex. : pictogrammes, photos, mots écrits).
- Délimiter certaines zones avec des tapis ou des paravents.
- Désencombrer l’espace en installant des rangements (boîtes, étagères, etc.) pour limiter les distractions.
- Mettre un pictogramme « sens interdit » ou « fermé » sur les placards et espaces non accessibles.
Les personnes autistes, quel que soit leur âge, peuvent rencontrer des difficultés avec les notions de temps et de durée. Il est donc utile de les aider à appréhender le temps qui passe.
Structurer le temps
- Mettre en place un emploi du temps adapté au niveau de compréhension de la personne (ex.: photos, pictogrammes, ou bien encore sur smartphone). Il peut être journalier, hebdomadaire, voire mensuel.
- Créer des routines pour structurer la journée et améliorer les transitions.
- Améliorer la perception du temps avec des outils adaptés (ex. : minuteurs, sabliers, montre avec alarme, etc.).
Sécuriser le logement
Les enfants en général, et plus particulièrement les enfants autistes, ne perçoivent pas tous les dangers qui les entourent. En fonction des particularités de fonctionnement de la personne autiste (qu’elle soit enfant ou adulte), il peut être nécessaire d’aménager spécifiquement le domicile afin de prévenir les mises en danger et les accidents domestiques.
Exemples :
- Mettre hors de portée les objets, appareils et produits dangereux.
- Limiter l’accès aux fenêtres et les sécuriser.
- Régler l’eau chaude à une température maximale de 38 °C.
- Utiliser des cache-prises.
- Utiliser de la vaisselle adaptée (non cassable).
Et avec le voisinage ?
Évoquer l’autisme de son enfant, quel que soit son âge, est une décision est très personnelle. Certains comportements en lien avec l’autisme peuvent être mal interprétés et jugés, à tort, comme malpolis (ne pas répondre aux sollicitations, éviter le contact, etc.) ou inappropriés (cris, agitation, etc.). En parler donner la possibilité de prévenir les incompréhensions et favoriser la tolérance et l’entraide. Pour informer vos voisins, vous pouvez déposer des plaquettes explicatives dans les boîtes aux lettres ou en parler directement avec eux. Cela peut permettre de créer un climat de confiance et de rendre l’environnement plus sécurisant et plus inclusif.
Pour en savoir plus
[Guide] CRA Alsace, 2018. Autisme sensorialité : guide pédagogique et technique pour l’aménagement de l’espace.
[Guide] Cerese, F. et Mathieu, F., 2025. Concevoir des lieux de vie adaptés aux personnes avec autisme en situation complexe. Maison de l’autisme, Ministère des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.
